J'ai envie de randonnée(s). Mais où ? Avec qui ? Comment ? Combien de temps ? A quel prix ?
Les possibilités de randonnées se sont multipliées ces dernières années.
Séjours d'agences, sorties de clubs, plan entre copains, trips solitaires. Tout est possible.




marcher ?
Il y a un GR dans Paris, un autre sur la côte bretonne et un autour du Mont-Blanc. Sylvain Tesson a vanté les Chemins Noirs, ceux que la foule n'empreinte pas. Dans certaines zones, il arrive de randonner à la queue leuleu tant il y a de monde. Je souhaite découvrir un coin secret ou "collectionner" un des plus beaux treks du monde ? Qu'est-ce qui m'attire dans cette destination ? Une lecture de jeunesse, une image forte, l'effet de mode, l'attrait de la nouveauté, la photo Instagram ou bien l'inverse ?

Pourquoi marcher ?
La marche est d'abord un voyage intérieur. Elle permet d'accorder du repos à notre esprit sollicité dans nos vies modernes. C'est donc aller à la rencontre de soi-même. C'est aussi aller à la rencontre de son corps, de ses muscles, de ses articulations, de son pouls. La marche nous sort de nos vies sédentaires. Cela peut être d'abord douloureux, puis, petit à petit jouissif. Il faut donner du temps aux bienfaits de la marche.
On peut donc la vivre comme une expérience passagère ou l'envisager comme une façon de vivre.


Avec qui marcher ?

Marcher c'est aussi aller à la rencontre des autres. Mettre son pas au rythme de ses compagnons. Ou pas. Mettre son esprit au diapason des autres marcheurs, le temps d'une rencontre, d'une discussion ou de journées et nuits entières. Sur les chemins, dans un hôtel ou au froid dans une toile de tente. Marcher peut aussi bien être une démarche altruiste qu'un acte autocentré. Se pose dès lors la question de sa capacité à coexister avec le groupe.

Comment marcher ?
Marcher pour le plaisir. On entend souvent cette justification. Mais le plaisir a besoin d'être défini. Le plaisir de pousser son corps à la limite ? Ou le plaisir de prendre son temps, en ménageant son corps. Le plaisir de progresser à chaque sortie. Le plaisir de la bonne fatigue. Il n'y a pas de marche sans effort. Tout est affaire de dosage personnel.

Combien de temps marcher ?
On peut faire une marche digestive comme s'engager sur un trek de plusieurs mois. Quelle est mon expérience dans la répétition de l'effort. Ai-je envie de mettre en place un rituel quotidien (lever, préparation, marche, repos) ? Ou je trouve mon compte dans l'improvisation de dernière minute ? Je ne souhaite pas axer mon temps libre sur une seule activité ?

Avec quel niveau de confort ?
Après l'effort le (ré)confort. Mais lequel ? Le même que dans votre quotidien ? Voire meilleur (c'est les vacances après tout). Ou plutôt minimaliste comme la marche ?
N'oubliez pas que marcher ne vous occupera au mieux que 8 heures sur 24. Le sommeil a son importance dans la répétition de l'effort. Que faire de tous ces temps morts ? S'activer, se reconnecter, ou laisser le temps s'écouler sans avoir le sentiment de le gaspiller ? Vous pouvez vite être tiraillé entre votre éthique et vos envies d'une bonne douche, d'une bonne couette et d'un réseau wifi. Mais le confort n'est pas (encore) transportable sur tous les sentiers de randonnées. Bonne ou mauvaise chose ? A vous de trancher.

1 - SOYEZ CLAIR AVEC VOUS-MEME

2 - AIDEZ-VOUS DES BONS CRITERES

LE TOPO
Il décrit la randonnée, sa longueur (en kilomètres), son dénivelé positif et négatif, et la durée estimée à un rythme moyen (300 m/heure en montagne). Il met en évidence les difficultés éventuelles (passage délicat, vertige...). Il indique si il revient au point de départ (boucle) ou pas.
Vous devez savoir si cette sortie suit un balisage identifié ou si vous devez suivre un parcours sur une carte (papier ou numérique). Dans ce cas, avez-vous envie de prendre en charge cet responsablité ? Etes-vous assez formé ?

LA DIFFICULTE

Elle vous aide à identifier l'effort que vous aurez à fournir. C'est souvent une note sur un échelle de 4 à 8 selon les organisateurs. Ce n'est qu'un indicateur d'aide à la décision. Si vous hésitez entre deux cotations pour faire votre choix, n'oubliez pas l'essentiel : le corps a de la ressource, il est stimulé par le mental et l'envie.

LA DUREE

Notre société est devenue celle du temps court. Nos vies s'allongent, notre temps libre prend une place prépondérante, mais on privilégie les expériences intenses et courtes. Pour mieux zapper d'une expérience à l'autre. Les treks au Népal ont été raccourcis de plusieurs jours avec les conséquences sur l'acclimatation. Le Tour du Mont Blanc se fait en 6 jours et ce n'est qu'une demi boucle. Les agences rajoutent le mot INTEGRAL quand il se fait en entier. Compostelle n'est plus le pélerinage d'une vie mais une addition d'étapes années après années. Et vous quel temps souhaitez-vous accorder à la marche ?

LE BUDGET
Marcher est une activité de loisir peu coûteuse. En montagne elle oblige cependant à investir un peu sur du matériel technique (veste, chaussures...). Il existe des sites de revente de matériel de seconde main. Ce qui coûte c'est la logistique/organisation et le confort d'après-rando. Les agences indiquent souvent le niveau de confort des hébergements. C'est une aide précieuse pour votre choix et votre budget. Le coût de la main d'oeuvre du pays dans le quel vous marchez est prépondérant. Une randonnée en Norvège vous obligera peut-être à quelques concessions... Moins en Inde...

ETOILE OU ITINERANCE ?
Voila un critère prépondérant. L'étoile invite à la non contrainte, à l'adaptation. On prend son temps, on s'adapte. On rentre chaque jour au même hébergement. L'itinérance est plus contraignante. Il faut chaque jour rejoindre son nouveau lit. Quelle que soit la météo, le groupe, le programme. On s'expose davantage aux journées à rallonge, au plan galère, à l'envie de jeter le sac à dos par terre. Mais c'est aussi là que l'on multiplie les expériences, les émotions, l'inattendu. Qu'on éprouve sa résistance et sa capacité à tolérer l'autre. Si vous "survivez" à une rando itinérante avec météo malheureuse, c'est que vous êtes vraiment fait pour la rando.

PRIORITE AU PRODUCTEUR OU A LA PLATEFORME ?
Que choisir ?
Un séjour tout compris avec une agence qui nous vend CHER une garantie de séjour réussi avec belles photos et avis positifs ?
Ou priorité au producteur local que l'on souhaite rémunérer au mieux en ne payant pas le prix FORT ?
Une nouvelle fois vous serez tiraillés entre votre éthique et vos envies de réussite.
Sachez (et nous sommes bien placés :-), que les vendeurs de séjours (Allibert, Terdav, Decathlon Travel...) qui ont pignon sur rue n'en produisent plus. De fabricants d'aventure il y a quelques années, ils sont devenus des revendeurs d'aventure. Michel E. Leclerc vend des biscuits "Nos régions ont du talent" sans avoir la moindre biscuiterie. Ils s'appuient très souvent sur des agences dites "locales" qui maîtrisent tout, sur le terrain, loin des bureaux parisiens.

Alors soyez clairs sur que vous payez. Et à qui va votre argent.
Vous donnez entre 25 et 50 % du prix à un TO. Pour quoi ?
- Une garantie de réussite ? (pas si garantie que cela, il suffit de voir la taille de leur service client)
- Tout organiser pour vous ? ok 1 transport + 1 agence locale = ENORME !
- Vous offrir une place dans un groupe (de français), vous le randonneur "solitaire" ?
- Vous donner un pouvoir de pression supplémentaire (du client vers le commerçant vers le producteur) en cas d'insatisfaction ?

Cela en vaut-il le prix ? Au 21ème siècle ?

Pour la randonnée en France, il n'est pas difficile en deux clics de trouver le producteur local. Il suffit parfois d'aller au-delà de la page 1 de Google occupée par les TO acheteurs de mot-clés. La réglementation (Atout France), les obligations légales (loi Tourisme), les diplômes d'encadrants (DE Alpinisme), vous prémunissent du risque d'incompétence de celui qui vous recevra.
A l'étranger, vous n'avez pas le choix. Vous devrez souvent passer par une agence locale. Pour votre sécurité. Pour une logistique lourde. Pour protéger l'économie locale. Pour organiser la fréquentation. Soit vous comptez sur un TO qui le fait pour vous. Soit vous achetez (moins cher) un billet de transport et vous trouvez une agence locale (moins chère). Elles ont souvent un calendrier de randonnées programmées et garanties. Elle organisent tout depuis l'aéroport. Vous avez un pouvoir de pression avec leur réputation sur internet. Les guides sont aujourd'hui mieux (bien) formés avec de nombreux programmes d'échanges et de formation avec l'Europe et les USA.

Et n'oubliez pas, le marcheur est celui qui va vers l'autre.
Bien rémunérer celui qui vous accueille est un bon moyen de l'encourager à rester chez lui. A ne pas fuire ses campagnes.